Jour 11 - lundi 30 juin
Entrevue d'Yves Langlois sur son jeûne de 40 jours par Dominique Laroche (3)


Voici la 3e et avant-dernière partie de l'entrevue que Yves a accordé à la journaliste Dominique Laroche sur son jeûne.

Yves : Je préconise la façon hygiéniste, le repos total. Le corps a trois façons de dépenser son énergie. Tout d'abord, le système digestif qui consomme entre 30 % et 50 % de notre énergie vitale. Une autre façon de dépenser de l'énergie, c'est par tous les gestes et déplacements qu'on fait dans la journée. Si on va réparer une toiture pendant la journée, le corps va prendre toute son énergie pour faire ça et ne va pas se guérir. Le troisième, c'est tout le système neurologique qui inclut le stress, les préoccupations, les pensées, les peines d'amour, etc. ce qui consomme beaucoup d'énergie. Alors pendant un jeûne, on s'en va dans un centre puis on se laisse guider.

Présentement je passe les premiers jours chez moi parce que j'en suis à mon 40e jeûne, mais j'ai quelqu'un qui veille sur moi et qui s'occupe de mon bien-être. Je connais bien mon corps. Mais pour quelqu'un qui n'a jamais jeûné, s'il commence un jeûne de plus de trois jours je lui recommande d'aller tout de suite dans un centre.
Je vais à la maison de santé du Lac Brome avec Pierre Graveline qui, depuis sa naissance, habite dans cette maison où ils ont supervisés des milliers de jeûnes et où on est au lit et on ne bouge pas.

Pour moi, un jeûne, ça veut dire boire de l'eau, seulement de l'eau et se reposer. Il y a des gens qui boivent des jus et même des bouillons et disent qu'ils font un jeûne. Je pense que c'est une mauvaise utilisation du mot jeûne. À mon avis, le jeûne ce n'est pas de prendre d'autres aliments que de l'eau. Je craindrais la malnutrition car le corps ne se met jamais vraiment à l'arrêt. Il faut aussi être bien encadré, prendre le pouls, la pression à tous les jours, qu'il y ait quelqu'un qui nous surveille et puis ne pas bouger autant que possible, ne pas allumer son téléphone, son ordinateur et puis permettre au corps de faire son travail.

Dominique : Maintenant au niveau de ce qui se passe intérieurement, peux-tu nous expliquer Yves les étapes? Début du jeûne, milieu... j'imagine qu'au début, il y a un défi à se priver de nourriture après ça, on tombe dans un côté plus paisible, est-ce qu'on tombe dans une détresse? Ou dans une colère, qu'est-ce qui se passe au niveau intérieur?

Yves : En fait, ça se passe plus dans les trois premiers jours ces sentiments parce qu'on arrête de manger. Présentement pour moi, c'est exceptionnel, j'avais l'intention de montrer d'autres méthodes pour les besoins du film. À chaque fois qu'une personne vient ici pour me donner un soin, me donner un massage, acupression ou quelque chose d'autre, il faut installer les caméras, discuter, se préparer et ça prend du temps. Malgré ce que je viens de prêcher, dans ces premiers jours, je ne suis pas toujours resté au lit mais c'est un choix. Je donne à la société cette expérience parce que tant que les gens ne le verront pas de visu, ils n'y croiront pas. Donc je me permets de le faire. La semaine prochaine je vais dans des maisons de santé où ils sont habitués de superviser des jeûnes longs. Là je me permettrai d'être beaucoup plus intériorisé.

Je veux dire une chose concernant la faim. Disons qu'un matin tu t'es levée un peu en retard pour travailler et que tu n'as pas eu le temps de déjeûner. Puis à midi le patron te dit qu'il y a une réunion importante. Tu vas à la réunion, mais t'as a pas mangé depuis la veille. À la fin de la journée tu dis: «J'ai vraiment faim !». Hé bien, c'est ça la faim, ça va pas être pire que ça. Tout le monde a déjà connu ça dans sa vie. Ça n'augmente pas. La faim est un signal du corps qui dit que c'est le temps de manger, c'est tout. Quand il a envoyé son signal tu n'as pas plus faim le 2e jour puis encore plus le 30e jour, le signal c'est toujours le même. Le signal, tu l'as entendu et tu passes par-dessus. Tu t'aperçois que c'est juste un signal et tu arrêtes de focusser là-dessus. 

Puis tu te rends compte qu'il y a un certain bien-être à sentir un vide à l'intérieur. Ce vide là est une plénitude en soi. Tout d'un coup tes pensées t'appartiennent. Tu deviens clair avec toi-même. Je me souviens qu'à la fin de mon jeûne de 34 jours, quand j'ai pris mon premier concombre j'étais «stone»sur le concombre. Je sentais l'effet du concombre. Une couple de mois après j'ai mangé de la viande et là ça a été épouvantable. J'ai vu le boucher approcher et j'ai senti un état de panique intérieure. J'ai vu mon assassin qui s'en venait me couper la tête. J'étais l'animal en état de panique qui se préparait à mourir parce qu'il sentait que son heure était venue. On vit avec ça à chaque jour quand on mange du cadavre.

Peu à peu tu découvres un état de centration que tu n'as jamais connu et tu trouves ça merveilleux. Le sentiment de la faim c'est très secondaire. Si on te demande: «La faim est-elle encore là?» Tu dois te dire: «Attends minute que j'y pense... mon estomac me le dit encore, mais après trois jours tu rentres dans un processus où l'estomac et tout le système digestif, se rendant compte que plus rien ne leur arrive, se mettent en arrêt.» C'est là que tu retrouves une énergie extraordinaire. Chaque cellule se mets à chercher dans son environnement immédiat de quoi se nourrir et de quoi nourrir l'ensemble du corps, et c'est très sélectif. Ça commence par les graisses inutiles, tout ce qui traine dans ton corps va alimenter ton corps et tu vas continuer à t'auto-nourrir et le nettoyage se fait en même temps.

À suivre ...

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